Face aux besoins pressants des producteurs et la rareté des ressources financières : l’IRAG se remet en débat

Du 18 au 19 mai, la « Piscine » de Foulaya, a été le théâtre de la Conférence interne de concertation (CIC) de l’Institut de recherche agronomique de Guinée (IRAG). Elle a regroupé autour de la direction générale, l’ensemble des acteurs majeurs de la recherche agricole, à savoir les directeurs et les coordonnateurs scientifiques des centres de recherche, les chefs de programmes de recherche et les chercheurs seniors. Ils sont venus de Conakry, de Bareng (Pita), de Bordo (Kankan), de Seredou (Macenta), de Foulaya et Kilissi (Kindia) et de Koba (Boffa) et de Faranah.

Dans un contexte de profondes mutations en Guinée, cette rencontre vise à mieux positionner la vision stratégique de l’Institut face aux évolutions des demandes des producteurs, à la nécessité de générer des ressources internes et à l’impérieux besoin de redorer l’image de l’IRAG.

La cérémonie d’ouverture a été présidée, au nom du Ministre de l’agriculture et de l’élevage, par le Directeur régional de l’agriculture et de l’élevage, Dr Almamy Seny Soumah. Il avait à ses cotés trois invités de marque, à savoir, le Directeur national du Système national de recherche agricole et halieutique (SNRAH), Dr Sékou Oumar Keita, le Conseiller chargé de mission du Ministre de l’agriculture et de l’élevage, Dr Sékou Cissé et le Directeur général du Bureau de stratégie de développement (BSD), Kaba Camara.

Dans un passé pas très éloigné, ces deux derniers avaient occupés de hautes fonctions au sein de l’Institut.

Dans ce temple de la recherche agronomique guinéenne, Foulaya, c’est le Directeur général de l’IRAG, Dr Famoi Beavogui qui a planté, dans une allocution vive et enlevée, le décor. « Les objectifs de cette conférence consistent à définir les priorités en matière de renforcement institutionnel, à appuyer la production des connaissances scientifiques et à renforcer les capacités financières ». 

Chercheur de base aux premières heures de l’Institut et No1 de la recherche agricole aujourd’hui, Dr Famoi Beavogui n’est pas allé, dans son allocution, du dos de la cuillère : vieillissement des chercheurs, vétusté des équipements, faiblesse des ressources financières, manque de visibilité des résultats, demandes pressantes des producteurs, inefficacité du dispositif de transfert des technologies, etc. Tout y est passé comme au scanner.
Entres autres, les thèmes de communication suivants ont été débattus :
 

  • L’évolution institutionnelle de l’IRAG ;

  • La validation du Programme national de recherche/Développement ;

  • Le portefeuille scientifique de l’IRAG ;

  • Le manuel de procédure administrative et financière ;

  • La politique de génération de ressources propres ;

  • Le système simplifie de suivi et évaluation.

Ainsi, pour la période 2008-2015, l’IRAG se fixe comme objectifs fondamentaux, trois enjeux scientifiques :

  • la connaissance et l’intensification des systèmes de production ;

  • la valorisation de la production agricole et animale ;

  • la gestion naturelle des ressources naturelles.

 
Une autre évolution du cadre des choses, est la revue à la baisse du nombre de programmes. Pour moult raisons (synergie, efficacité, pertinence), ils passent de 35 à 15.

Pendant trois jours pleins, dans l’intimité de l’ancien Institut Français des agrumes coloniaux (IFAC), les chercheurs ont tout exhumé, examiné avant de décider. Aucune question n’a été  éludée. Tout a été débattu de manière à en tirer tous les avantages et toutes les conséquences.  

Ainsi, après le temps des vaches grasses, quand des partenaires fiables comme l’Union européenne, la Banque mondiale et la Coopération française étaient encore là, peut-on jurer encore de l’avenir de l’Institut quand on sait que l’apport de l’Etat ne résout pas le 5e des problèmes ? « Bien sûr déclare le Directeur scientifique, Dr Mamadou Billo Barry. Si nous nous y mettons, tout en gérant de façon rationnelle toutes nos ressources : humaines, financières et logistiques. Les succès pourraient dépasser toutes les espérances ».

En tout cas, de l’avis des chercheurs que nous avons rencontré, les espoirs sont permis. On peut donc dire que la nouvelle équipe dirigeante a vraiment sut se soumettre à l’exercice du partage du pouvoir par la concertation et le débat. Toutes les ressources humaines, sans exclusive, se sont mises au même diapason en matière d’informations. On ne peut raisonnablement dire que cette allure ne soit pas maintenue lorsqu’il s’agira de partager, le moment venu, les ressources issues des résultats techniques.

Car c’est là le nerf de la recherche.


 Sénkoun Wagué