De fête cependant, il n’en est rien. Sinon que de ce 11 au 15, Sérédou abrite l’atelier international de réflexion intitulé « Les agro forêts d’Afrique de l’Ouest et du Centre : dynamiques, performances et avenir ?, d’une par et, d’autre part, l’inauguration d’un herbier, le premier en Guinée ».
Pour réfléchir à fond sur l’ensemble de cette plus que cruciale problématique des agro forets, les chercheurs de l’Institut de recherche agronomique de Guinée (IRAG), ont invité leurs collègues Togolais, Ghanéens, Ivoiriens et Camerounais. Pour s’ouvrir au reste de la planète, mondialisation oblige, ils ont invité aussi des chercheurs Français et un représentant de la couronne britannique, en l’occurrence, Dr Xander Van Der Burgt du plus célèbre herbier du monde, le Royal Botanical Garden.
Avec l’appui de la Coopération française, des moyens ont été rapidement mis en place pour créer, Ex Nihilo, un pont aérien Bamako - N’Zérékoré pour transporter tous les participants étrangers via le Mali. Le transport N’Zérékoré a été assure par des bus spéciaux.
Cet herbier, le premier de la Guinée, dénommé « Herbier SERG », SERG veut dire Seredou Guinée, compte 6 500 échantillons, 2 350 espèces et une banque de graine de 300 espèces. Ce dispositif de recherche devient ainsi un outil de travail de première importance dans les mains des chercheurs. Le Ministre de l’agriculture, Dr Mahmoud Camara, qui est aussi maître de recherche, en inaugurant ce bijou, presque entièrement financé par la Coopération française a déclaré « Puisse ce laboratoire créer un réseau efficace de travail entre les chercheurs Guinéens et leurs collègues du monde entier ».
Dans son discours de bienvenue, le président de la Communauté rurale de développement (CRD) de Seredou, Kova Pivi présente sa localité : « Seredou est situé à 38 km de Macenta, 94 km de N’Zérékoré et compte 80 000 habitants ». Non sans fierté il vante l’étendue et la richesse floristique et faunistique des 1 019 km2 de Ziama, la plus vaste foret du pays.
Dans sa communication, le Directeur général de l’IRAG Dr Famoi Beavogui de renchérir: « Le Centre de recherche de Seredou offre un cadre idéal pour parler des forets et des agro forets. C’est une écologie qui interroge les agronomes, les botanistes, les écologues, les géographes, les économistes, les sociologues ». Puis, il félicite des collègues chercheurs « Grace au travail de Nathalie Lamanda, Moussa Diabaté, Hubert De Foresta, l’IRAG va créer ici un Programme de recherche ».
Sur le même registre, le Conseiller de la coopération française, Salvatore Pappalardo, dont la communication a été lue par le Conseiller du Directeur général, Patrice De Vernou déclare « Il existe dans le monde peu de systèmes de culture qui soient a la fois productifs, rentables et conservateurs de la biodiversité ». Et il poursuit « La Guinée, tout comme les autres pays d’Afrique tropicale représentés ici aujourd’hui, peut être fière du travail réalisé par ses agriculteurs qui sont les véritables bâtisseurs d’agro forets ».
Enfin, en procédant a l’inauguration, Dr Mahmoud Camara, a déclaré « L’atelier sur les agro forets de l’Afrique de l’ouest et du centre est un nouvel enjeu important pour l’environnement et l’agriculture. Essayer de comprendre les agro forets et les systèmes agro forestiers revient donc à s’interroger sur les pratiques actuelles de notre agriculture et ses évolutions en fonction de la densification de la population ».
Dans les documents officiels de l’atelier, l’objectif de cette rencontre était :
1.d’échanger sur les thèmes de la caractérisation des dynamiques et de l’évaluation des performances (agronomiques, écologiques, sociales) des agro forêts, à partir des expériences des différents intervenants et des visites de terrain en Guinée forestière ;
2.de se concerter sur le thème des axes de « recherche-développement » à mettre en œuvre dans le cadre de collaborations à développer (régionales et internationale) ;
3.de mettre en place d’un réseau de chercheurs sur les agro forêts en Afrique de l’Ouest et du Centre.
Mais dans le contexte de la destruction sauvage et désordonnée de la Ziama a laquelle nous assistons aujourd’hui, cet objectif peut aller bien au delà. En effet, on peut logiquement espérer que cet atelier, organisé a grands frais avec l’appui de la Coopération française, parvienne enfin, à sensibiliser efficacement les populations que « pour remercier dignement les premiers Guinéens qui ont gardé notre univers si beau et si commode, il faut le livrer plus beau et plus commode aux générations futures ».
Sékou Béavogui.
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